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Olivier Bertrand, comment a-t-il bâti son empire de la restauration rapide ?

Après avoir avalé les 400 restaurants Quick en décembre dernier, il vient de racheter les brasseries parisiennes des Frères Blanc. Qui est-il? Comment a-t-il bâti son empire de la restauration? Avec Quick et Burger King, l’univers concurrentiel d’Olivier Bertrand s’étend désormais aux chaînes de restauration rapide, à commencer par McDonald’s France, qui a réalisé, en 2015, 4,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires avec ses 1384 restaurants sous enseigne. Finalement, c’est peut-être avec les géants de la restauration collective qu’il faudrait le comparer.

OLIVIER BERTRAND, PORTRAITS

Olivier Bertrand, PDG du puissant groupe de restauration, pose ici dans son bureau, à l’occasion d’un entretien avec Le Figaro.

Aux commandes de l’enseigne Burger King depuis fin 2013 cet ambitieux patron a déclaré la guerre à McDo. «Nous visons 20% de part de marché». Cela devrait représenter autour de 400 fast-foods dans les dix prochaines années. De plus, les candidats à la franchise ne manquent pas : il y a plus de 3400 dossiers déposés. Surtout que les 29 premiers restaurants ouverts cartonnent. «Trois fois plus que prévu». Résultat, les ventes consolidées du groupe frôlent les 680 millions d’euros en 2015.

Les premiers pas de ce timide furent pourtant laborieux. Entré comme commis à la banque Hervet à 20 ans – «J’y ai appris à parler le banquier», plaisante-t-il. Il tombe ensuite sur une pizzeria à vendre vers la gare du Nord, à Paris. Il saute le pas, mais trébuche et en retient deux leçons : ne s’implanter qu’aux meilleures adresses et faire vivre ses restaurants du matin au soir. Par la suite, il lança la vague des restos-concepts avec apéros, happy hours et soirées dansantes, autour de cartes ethniques. Mais dès qu’ils se démodent, ces restaurateur prolifique ferment et celui-ci passe alors à autre chose.

En revanche, jamais son nom n’est mis en avant. D’abord parce que ce millionnaire fuit les feux de la rampe. Ensuite parce qu’il veut que son groupe reste une auberge espagnole où se côtoient, en franchise ou en propre, les différents agents économiques. En effet le groupe Bertrand est présent sur des segments si variés de la restauration qu’il paraît impossible d’identifier ses concurrents directs. Le même jour par exemple, il peut négocier un bail, participer à un comité d’entreprise, goûter un nouveau dessert ou repenser le dress code des serveurs. Avec tout cela, Olivier Bertrand trouve le temps de s’envoler une fois par mois pour une capitale européenne, aux Etats-Unis ou en Asie.

Ses actionnaires aussi ont compris l’intérêt d’en offrir pour tous les goûts et tous les budgets. «Ça répartit les risques, donc ça permet d’en prendre», commente Philippe Franchet,son associé.

Que peut bien prévoir cet insatiable patron pour le futur ? Il s’est trouvé une nouvelle passion : l’hôtellerie. «Une diversification patrimoniale, conduite avec mes deux sœurs», précise-t-il. Une passion, mais sûrement pas une danseuse. «Je vais y faire ce que je sais faire : redresser et développer, en pesant chaque euro investi», insiste l’Auvergnat.

On comprend donc que pour les années à venir, il faudra compter avec Olivier Bertrand, car il s’inscrit peu à peu dans le quotidien de chacun, en toute discrétion, et laissera vraisemblablement une trace de son passage.

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