André Citroën : génie industriel

Né le 5 février 1878 à Paris et mort le 3 juillet 1935 dans la même ville, André Citroën est un ingénieur polytechnicien français. C’est l’une des figures les plus importantes de l’industrie automobile. Suivons ensemble le parcours admirable de ce grand ponte de l’industrie.

Naissance d’un polytechnicien

Cinquième enfant d’un père hollandais et d’une mère polonaise, André Citroën perd son père à l’âge de 6 ans. Il remplace ce dernier par Gustave Eiffel dont il était fasciné par la tour en construction et par Jules Verne grâce à la lecture de ses livres.

Enfant, il gardait toujours l’esprit positif. Il entre en 1885 au lycée Condorcet, où il est connu pour être un bon élève. Par la suite, il décide de devenir ingénieur et ce choix de métier est dû à la lecture des Saint-simoniens, et est admis en 1898 à l’école polytechnique.

C’est en 1900 lors des vacances de pâques en Pologne que André Citroën met en avant le génie qui est enfoui en lui. En effet, il était doté d’une grande ouverture d’esprit et une faculté d’assimilation rapide qui lui permettaient de percevoir des opportunités et plus particulièrement en rapport avec l’innovation.

Cette même année, André Citroën fait la découverte d’une machine fabricant des engrenages à denture en forme de chevron et achète le brevet auprès de l’artisan détenant cette machine. C’est ainsi qu’il ouvra après la fin de ses études un petit atelier destiné à la fabrication des engrenages.

D’ingénieur à industriel

Apres l’ouverture de son petit atelier à la fin de ses études, André Citroën choisira un chevron pour emblème, qui aura un grand succès. Avec le temps, son petit atelier se transforma en une usine fabriquant des engrenages géants.

Citroën devient dès lors l’un des fournisseurs des constructeurs automobiles en s’implantant en Russie et en Autriche-Hongrie. Il fournit également aux frères Mors qui se verront lui confier suite à une perte abondante de client, la direction générale de leur entreprise. En l’espace de 10 ans sous sa direction, les ventes passeront de 120 à 1200 voitures par an.

Lors d’un voyage aux Etats-Unis, André Citroën fait la rencontre de Henry Ford et ensemble ils partagent l’idée de Ford qui était de produire en quantité un model unique de voiture et ce à bas prix. Il découvre aussi les théories de l’américain F.W.Taylor sur la production en grande série.

La guerre de 1914 était une occasion pour Citroën de relever un nouveau défi. Il prend la responsabilité de livrer 10.000 obus par jour. Il construit en 4 mois le quai de Javel dans le but de réaliser les 10.000 obus en utilisant la méthode de Taylor pour mener à bien cette mission.

Entrée dans le monde de l’automobile

A la fin de la guerre en 1917, André Citroën veut se lancer dans la construction automobile. Pour cela il utilise les théories de Taylor sur la productivité en grande série. De la sortira « la première voiture construite en Europe en grande série ». Citroën fabriquait environ 100 véhicules par jour et tous vendus 1/3 moins cher que la concurrence.

Citroën lance des modèles toujours plus innovants. Par exemple la sortie de « Traction » avec une production annuelle de plus de 100.000 véhicules. Il met en place le commerce moderne de l’automobile. Il couvre le territoire français de 400 concessionnaires exclusifs et agents spécialisés qui assisteront les clients.

Citroën détenait en lui l’art de la communication et il avait cette faculté à pressentir ce qui pouvait capter l’attention du public. En effet, lors de sa première participation au salon de l’auto, il met à la disposition du public plus de 50 voitures pour essai devant le Grand Palais. Il avait aussi pour cible les enfants. En effet, il lance des miniatures de ses modèles et des voiturettes à pédales pour les enfants.

Il savait aussi saisir les occasions à son avantage. Par exemple en 1927 lors de l’arrivée de Lindbergh à Paris, il convint le héros de venir à Javel pour qu’il soit acclamé par des milliers d’ouvriers en signe de reconnaissance de bravoure. Et dès le lendemain les journaux ne faisaient référence qu’à cette visite de Lindbergh chez Citroën.

André Citroën est à la base des dictionnaires de réparations et catalogues des pièces de rechange. Il invente le carnet de service, la révision complète gratuite après les premiers 500km, la garantie d’un an et les échanges de pièces fatiguées à bas prix. Il met en place un service de location de voiture et crée la première société de crédit à la consommation (SOVAC). Un pionner donc, à qui le monde de l’automobile doit beaucoup.

 

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