Aristide Boucicaut : Inventeur des grands magasins

Aristide Boucicaut Visionnaire Marketing

Fils de chapelier, Aristide Boucicaut est un entrepreneur et homme d’affaires français du XIXème siècle. Ensemble découvrons le parcours prestigieux de ce visionnaire qui a posé, il y a presque 150 ans, les bases du marketing moderne.

Les débuts commerciaux

Tout commence à Bellême dans la boutique paternelle, lorsque Aristide Boucicaut y travaillait comme simple chapelier. Durant des siècles, le système de corporation avait réglementé le commerce de détail de manière à ce que les choix des articles étaient restreints : aucune vitrine d’exposition ni de rayon, aucune publicité et les prix à la tête du consommateur. La majorité des commerçants refusaient toute forme d’innovation. Ce n’est qu’en 1825 qu’apparurent les boutiques d’un genre nouveau, nommées « magasins de nouveautés » qui permettent d’entrer dans une ère nouvelle. Aristide Boucicaut décide en 1828 de quitter l’’entreprise paternelle et suivre un marchant d’étoffes ambulant. Ambitieux, il s’installe un an plus tard à Paris dans le but d’avoir une situation stable. Il est donc embauché comme vendeur et par la suite comme chef de rayon des châles dans un des magasins de nouveautés (petit Saint-Thomas). C’est cette même année qu’il rencontre Marguerite Guerin, qui deviendra sa femme en 1848. Après avoir perdu son boulot au petit Saint-Thomas, il s’associe en 1852 à Paul Videau et son frère Justin qui sont tous les deux propriétaires d’un magasin de mercerie et de nouveautés (Le Bon Marché). Aristide Boucicaut y met donc ses économies et se lance dans la distribution de masse qui révolutionnera le commerce dans les années à venir.  En effet, Aristide Boucicaut met en place des techniques de vente qu’il aurait assimilé des années auparavant chez le petit Saint-Thomas, comme par exemple vendre à petits bénéfices. Ce qui permettra l’augmentation du chiffre d’affaires, passant de 450 000 à 7 millions de francs. En 1863, il rachète les parts de ses associés qui jugent que cette nouvelle politique de vente est beaucoup trop risquée. Il devient donc le seul propriétaire du Bon Marché.

La bosse du commerce

Le succès inimaginable du Bon Marché depuis 1852 à convaincu Aristide Boucicaut de transformer son magasin de nouveautés en un grand établissement. Suite à cela, il eut l’idée de concept de grand magasin. En effet, les innovations Marketing et commerciales se sont multipliées avec les Boucicaut aux commandes. La qualité des produits était au cœur des enjeux marketing, donnait une bonne réputation au magasin et fidélisait les consommateurs. Il met en place le système de libre circulation dans le magasin sans obligation d’achat. Le prix des produits est fixe et étiqueté, ce qui retire le besoin de discuter les prix. Le consommateur avait le droit de toucher les produits et de les essayer. De nouveaux services sont mis en place tels que l’expédition gratuite des articles au domicile des clients, et le retour des articles qui ne conviennent pas (d’où le satisfait ou remboursé). Aristide Boucicaut se lance dans la publicité grâce à son premier catalogue de vente par correspondance édité en 1860, et l’organisation des semaines à prix cassés, comme les soldes d’été et le « mois du blanc » en hiver, afin de relancer les ventes. Il offrait aussi à sa clientèle de nombreux privilèges : buffets et journaux gratuits, ballons distribués aux enfants, animations, organisation de concerts… Les vitrines étaient habillées de mannequins de cire et le magasin équipé d’ascenseurs. Les marchandises étaient luxueusement disposées, ce qui attiraient les consommateurs. Il rationalise les tâches, invente aussi le principe de commission sur les ventes au niveau des employés. Chacun d’eux bénéficie même d’une médecine du travail, d’une caisse retraite (financée par sa femme), de cours de langues étrangères, de musique et de chant.

Aristide Boucicaut a contribué à l’expansion de la mode parisienne en France et dans le reste du monde. Il sera copié par de nombreux magasins parisiens qui ouvriront par la suite : le Louvre, le Bazar de l’Hôtel de Ville (BHV), A la Belle Jardinière, le Printemps, la Samaritaine, les Galeries Lafayette. De nos jours, un hommage lui est rendu dans le métro parisien, avec une station portant fièrement son nom. Instigateur du commerce moderne, Boucicaut fut un visionnaire, et un véritable révolutionnaire.

 

 

 

 

 

 

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