Ferdinand Piëch, un ingénieur pas comme les autres

Ferdinand Karl Piëch est né le 17 avril 1937 à Vienne (en Autriche) est un ingénieur allemand, petit-fils de Ferdinand Porsche, fondateur du groupe Volkswagen.

Dans l’automobile depuis toujours

Ferdinand Piëch a baigné dès son plus jeune âge dans l’automobile. Sa mère Louise est la fille de Ferdinand Porsche, fondateur du constructeur des voitures de sport. Son père Anton Piëch, avocat de profession, a dirigé un temps l’usine de Volkswagen à Wolfsburg pendant la Deuxième Guerre mondiale. L’instauration du régime Nazi en 1933 marquera le début d’une période sombre pour Porsche. Ferdinand Porsche sera chargé l’année suivante de concevoir pour Hitler une voiture bon marché en mesure d’atteindre les 100km/h. Cela donnera naissance à la « Volkswagen », signifiant « voiture du peuple », qui deviendra plus tard la Coccinelle. Le constructeur sera aussi contraint de participer à l’effort de guerre au début de la Seconde Guerre Mondiale.

D’Audi à Volkswagen

Ingénieur de formation, Ferdinand Piëch entame sa carrière chez Porsche, à Stuttgart. À partir de 1972, il entre chez Audi où il se forgea une réputation de redoutable dirigeant. Il donne alors à la marque une image nouvelle, notamment en redessinant lui-même les voitures et en concevant de nouveaux moteurs. Il est à l’origine des transmissions intégrales Quattro et de la fameuse Audi Quattro. Audi devient deux fois champion du monde des rallyes et devient un concurrent important de BMW et Mercedes-Benz. Il parvient à redresser le constructeur, ce qui lui vaut d’accéder en 1993 à la tête de la maison mère en plein marasme Volkswagen.

Pour réaliser son rêve de hisser Volkswagen parmi les grands de l’automobile, il l’engage dans une diversification coûteuse, en rachetant au prix fort la marque britannique Bentley notamment. Il a toujours pris soin de préserver la tradition « sociale» et de cogestion au sein du constructeur, que Bernd Pischetsrieder cherchait à briser.

En 2005 Porsche décide d’augmenter ses parts au capital de Volkswagen afin de faire de la marque le leader de l’industrie automobile allemande. Mais la crise économique vient entacher cette volonté d’acquisition. Cette opération financière se retourne contre Porsche. Le constructeur se retrouve endetté à hauteur de 10 milliards d’euros et est contraint de fusionner avec le groupe Volkswagen, qui procède au rachat de 49,9% de ses parts en 2009.

En 2002, Ferdinand Piëch quitte la direction opérationnelle de Volkswagen. Il devient cependant président du conseil de surveillance du groupe. Il en démissionne le 25 avril 2015. Il se désengage totalement de Volkswagen en 2017 et revend ses actions.

Aujourd’hui, Porsche enregistre des ventes en hausse perpétuelle chaque année et s’illustre au travers de voitures particulièrement haut de gammes. Porsche a également le palme du constructeur le plus rentable au monde.

Yves Guillemot : le bâtisseur du jeu vidéo

Yves Marie Rémy Guillemot, né le 21 juillet 19601 à Carentoir (Morbihan), est le cofondateur d’Ubisoft avec ses frères Claude, Michel, Gérard et Christian crée en mars 1986. Il en est l’actuel PDG et président du conseil d’administration.

Diversifier les activités familiales

Né en 1960 à Carentoir dans le Morbihan, il effectue des études de commerce à l’institut de la PME (IPME). Ses parents détiennent alors un magasin de produits pour l’agriculture. Dans les années 80, ils s’essayent à la vente d’ordinateurs et de logiciels destinés à informatiser les fermes.

Yves Guillemot, est aujourd’hui le PDG du groupe Ubisoft, spécialisé dans le développement, l’édition et la distribution de jeux vidéo. Tout a commencé dans les années 80 quand Yves Guillemot et ses frères ont décidé de diversifier l’entreprise familiale dans la technologie. Ensemble, ils créent la société Ubisoft en 1986, qui distribue des jeux vidéo étrangers en France. Puis l’idée est rapidement venue à la fratrie de créer leurs propres produits pour consoles, puis PC, tablettes et désormais dématérialisés sur Internet. Le cofondateur et PDG d’Ubisoft fut couronné du titre d’Entrepreneur de l’Année 2018 par le cabinet EY.

Ubisoft & Vivendi

Ubisoft a suscité l’intérêt de Vincent Bolloré. Vincent Bolloré par l’intermédiaire de sa filiale Vivendi, prit le contrôle d’Ubisoft, et ce malgré l’opposition farouche des frères Guillemot. Vivendi a commencé par Gameloft, un autre éditeur de jeux créé par les cinq frères en 1999 et spécialisé dans les jeux sur mobile. Après une OPA hostile, Vivendi a finalement acquis finalement 100 % du capital de Gameloft en 2016.

L’entreprise multiplie les créations. Dernière grosse création en date : Assassin’s Creed Odyssey. Les équipes d’Ubisoft ont modélisé les principaux lieux de la Grèce antique. 1.000 collaborateurs ont travaillé sur ce scénario pendant deux ans, huit des studios du groupe ont participé au développement du jeu sa sortie fut le 5 octobre 2018.

Désormais, les deux tiers des 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’Ubisoft seront générés par les ventes de jeux sur le Web notamment grâce aux différentes plates-formes du groupe et compte près de 14 000 collaborateurs.

 

Aujoud’hui, trois des sociétés des frères Guillemot sont cotées en bourse : Guillemot, Gameloft et bien entendu Ubisoft. Un succès connu et reconnu dans le monde entier, preuve du flair et de l’intelligence stratégique d’Yves Guillemot.

Gérard Mulliez : à la tête d’un empire

Gérard Paul Louis Mulliez est né à Roubaix le 13 mai 1931. Il a grandi dans une famille d’entrepreneurs. En effet, la famille Mulliez gère à l’époque le groupe Phildar, spécialisé dans le textile,  dont son père en est le directeur.

Gérard Mulliez suit une scolarité classique dans le Nord de la France. D’abord à Dunkerque à l’école puis au lycée, à Roubaix. Il quitta la France pour l’Angleterre et le Mayfield College. Il termina ses études à l’Institut Technique de Roubaix.

En 1954, il entre dans l’entreprise familiale en tant que contremaître. Il devient chef de fabrication en 1956, puis directeur des ventes deux ans plus tard.

La création d’Auchan de A à Z

C’est en 1961 qu’il ouvra un premier magasin Auchan à Roubaix. Ses premiers pas n’étant pas une réussite, et il décide donc de baisser ses prix pour augmenter ses volumes. C’est en cassant les prix sur le whisky qu’Auchan se fait un nom. Le succès fut alors au rendez-vous.

Il ouvre en 1967 un second magasin à Roncq, un hypermarché cette fois. Ayant soif d’expansion, il décide de faire appel à sa famille pour réunir les capitaux nécessaires.

En 2008, Gérard Mulliez a été déclaré comme étant la première fortune professionnelle par le magazine Challenges. Aujourd’hui il est derrière Bernard Arnault mais sa fortune se chiffre en milliards d’euros.

Le Groupe Auchan est à présent implanté dans 12 pays et emploie 180.000 collaborateurs. Les marques : Décathlon, Mondial Moquette, Feu vert, Leroy Merlin et Kiabi appartiennent au groupe qui compte aujourd’hui 723 hypermarchés, dont 121 en France et 2027 supermarchés et supérettes dans le monde.

Gérard Mulliez cède sa place du conseil de surveillance du groupe Auchan à son neveu en 2006, mais garde toujours un regard sur l’empire qu’il a fondé.

Alors, qui de mieux que Mulliez lui-même pour définir sa philosophie entrepreunariale ? « Pour faire fonctionner des gens en équipe, il faut une ligne directrice qui rassemble tout le monde. Il faut donner du sens au travail de chacun. » 

Vincent Bolloré : un parcours fulgurant

Grand manitou des médias, mais également à la tête d’un groupe international de transport et logistique, Vincent Bolloré est un homme d’affaires connu et reconnu. Suivons le parcours du Français, parfois sujet à controverses.

Vincent Bolloré est né le 1er avril 1952 à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine. Il commence sa carrière à la banque Rothschild, en 1981 il devient président-directeur général des papeteries et du groupe Bolloré. Sa carrière connait par la suite une ascension fulgurante.

En 2013 il devient vice-président du conseil de surveillance de Vivendi, président de ce conseil en 2014 puis président-directeur général du groupe Bolloré. Il a de même été promu au grade de commandeur de la légion d’honneur en 2009.

 

Le groupe Bolloré, un empire familial

 

Créé en 1822, le Groupe Bolloré figure parmi les 500 plus grandes compagnies mondiales. C’est un groupe français international de transport, de logistique, et de communication. Coté en Bourse, il est toujours contrôlé majoritairement par la famille Bolloré.

En vue de son départ progressif à la retraite, l’industriel breton a laissera sa place de PDG du groupe Bolloré à son fils Cyrille à compter du mois de juin prochain.

Ses 3 autres enfants ont aussi une place très importante au sein du groupe familial, Marie sa fille est directrice de division des applications mobilité électrique du Groupe, Sébastien, l’aîné est chargé des innovations et des nouvelles technologies à la direction du développement du Groupe et son second Yannick préside l’entreprise Havas.

Bolloré au cœur d’affaires de corruption

En mai 2017, le groupe Vivendi annonce l’acquisition de la participation de 60 % du groupe Bolloré dans Havas pour un montant de 2,36 milliards d’euros.

Seulement en avril 2018, Vincent Bolloré est mis en examen pour corruption d’agents publics étrangers après deux jours de garde à vue dans les locaux de la police anticorruption. Vincent Bolloré est en effet accusé  d’avoir utilisé sa filiale de communication politique Havas afin de gagner le marché de la gestion des ports de Conakry (Guinée) et Lomé (Togo).

Le 13 décembre 2018, six mois après la garde à vue de son patron, c’est la holding Bolloré SA qui est mise en examen pour corruption dans l’affaire des concessions portuaires en Afrique de l’Ouest.

Cependant le groupe a toujours contesté les irrégularités qui lui sont reprochées.

Aujourd’hui le groupe Bolloré emploie 55 000 personnes dans le monde et il réalise plus de 23 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

 

Emmanuel Faber : pour plus de justice sociale

Emmanuel Faber, Président du Groupe Danone, incarne ce que l’on pourrait appeler la nouvelle génération de patrons. Le Grenoblois souhaite changer les choses, estimant ne pouvoir y arriver qu’en développant le sens des responsabilités des grandes entreprises.

Emmanuel Faber est né le 22 janvier 1964 à Grenoble. Il est diplômé de HEC en 1986. Il débute tout d’abord sa carrière chez Bain & Company en tant que consultant.

En 1992, il publie « Main basse sur la finance » ou il y dénonce les abus du secteur financier. Il sera par la suite banquier d’affaires chez Baring Brothers. En 1993, il entre chez Legris Industries en tant que directeur administratif et financier. Il deviendra Directeur général de cette même entreprise en 1996.

Avant d’entrer chez Danone en 1997, il demanda 8 semaines de congés annuels pour ses engagements extra-professionnels. Il a séjourné tour à tour dans des maisons pour mourants de Mère Teresa en Inde, des favelas sud-américains et dans la jungle de Calais. Il grimpe alors les échelons dans l’entreprise tricolore, avant d’en devenir président directeur général en 2017.

Danone, mastodonte de l’agro-alimentaire

Danone est une multinationale alimentaire française qui a été fondée à Barcelone, en Espagne et dont le siège social est à Paris. Elle est issue de la fusion, en 1973, entre Danone et Gervais (fusion qui date de 1967) et le groupe français Boussois-Souchon-Neuvesel.

En 2001, l’entreprise est marquée par l’affaire LU : la fermeture d’usines et un plan de licenciements ont pour conséquences protestations et boycott. En 2010, Danone fait l’objet de plusieurs controverses relatives à la publicité de certains de ses produits, jugée mensongère ; elle est également dénoncée pour sa promotion du lait en poudre pour les nourrissons, en Indonésie.

Malgré ces scandales, l’entreprise n’en est pas moins aussi pérenne que tentaculaire, réalisant notamment un chiffre d’affaires de plus de 27 milliards d’euros en 2017. Cette même année, le groupe employait pas moins de 103 000 salariés.

Éthique et justice sociale

Et si Emmanuel Faber est bien connu du grand public pour ses prises de positions tranchées, en faveur de l’éthique et de la justice sociale, il l’a une nouvelle fois prouvé en début année.

En effet, le Grenoblois a décidé de ne plus bénéficier du régime de retraite prévu pour les cadres du groupe. Le patron de Danone renonce également à l’indemnité de non-concurrence, en cas de départ. Un geste à contre-courant des récents parachutes dorés accordés à Thomas Enders (Airbus) et Carlos Ghosn (alliance Renault-Nissan-Mitsubishi).

Portant l’étiquette de patron éthique, Emmanuel Faber souhaite faire bouger les choses. Un dirigeant qui veut faire de Danone un porte-étendard de la justice sociale, quitte à bousculer les grandes entreprises.

Nous terminons cet article avec cet excellent discours prononcé par le PDG de Danone à HEC, lors de la cérémonie de remise des diplômes 2016.

 

Ren Zhengfei : le général Huawei

Né en 1944 en Chine, Ren Zhengfei est le fondateur de Huawei, aujourd’hui bien implanté dans le paysage technologique mondial. Un parcours qui a mené la marque sur le podium des constructeurs de smartphones, au prix de nombreuses critiques.

Fraîchement diplômé de l’Institut d’ingénierie de la construction de l’université de Chongqing, il intègre l’Armée populaire de libération en 1973, quelques années après la révolution culturelle.

Dans un premier temps en tant que soldat, puis comme chercheur. Il est ensuite promu délégué de l’APL. Au cours de cette période, Zhengfei a été responsable d’un certain nombre de réalisations technologiques reconnues à différents niveaux. En 1978, il participe à la Commission nationale des sciences. Il a été exclu du Parti communiste chinois par la suite en raison du contexte social de ses parents et de leurs liens avec le Kuomintang.

En 1983, après être revenu au civil, Zhengfei a déménagé à Shenzhen et commença à travailler dans le secteur de l’électronique.

Création de Huawei

Ren fonde Huawei Technologies Co. Ltd en 1987, une entreprise fournissant des solutions dans le secteur des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Huawei s’est progressivement développé et s’est étendu au fur et à mesure des années. Moins de dix ans après sa création, Huawei a signé son premier contrat d’infrastructure réseau à l’étranger et ses solutions réseaux sont devenus pionniers.

Huawei s’attaque à un autre marché en 2009, celui des smartphones et lance ses premiers téléphones Android sur le marché chinois. Ils apparaissent sur le marché français en 2013.

Le choix stratégique de Huawei est alors simple mais efficace : s’affranchir de la publicité pour baisser les prix de ses appareils et ainsi proposer des produits hauts de gamme moins chers que ses concurrents.

Méfiance des Américains et des Européens

Régulièrement, aux Etats-Unis, circulent des rumeurs selon lesquelles les appareils et composants Huawei sont détournés pour espionner l’Occident. Le passé militaire de Ren Zhengfei est souvent mis en avant pour appuyer ces craintes et suspicions.

Les agences gouvernementales américaines, via le Defense Authorization Act signée par Donald Trump, n’ont plus le droit d’utiliser de smartphones Huawei. Un grand coup pour la firme chinoise, ce qui démontre bien la méfiance des Etats-Unis à l’égard de cette dernière. Huawei est également menacé de voir l’Europe lui fermer les portes de son marché de la 5G, ce qui a donc initié une vaste campagne de communication pour redorer son blason à travers le monde.

Huawei est aujourd’hui un grand fournisseur de solutions numériques en terminaux, réseaux et cloud, pour les opérateurs, entreprises et consommateurs. Ses produits et solutions sont déployés dans plus de 170 pays.

Huawei est, en 2019, le 2e constructeur mondial de smartphones derrière Samsung mais devant Apple. Une place gagnée de haute lutte par Huawei mais qui, selon comment réagit le marché européen, pourrait lui échapper dans les prochaines années…

 

Kevin Systrom – Un parcours pas très cliché (2/2)

Kevin Systrom est né le 30 décembre 1983 à Holliston dans le Massachussetts. Grace à un parcours atypique, il a réussi à devenir un des grands manitous des réseaux sociaux. Faisons un zoom sur le parcours du fondateur du célèbre Instagram.

Exposition

Dans la première partie de l’article, nous avions évoqué l’acquisition d’Instagram par Facebook en 2012, pour environ un milliard de dollars. Un prix conséquent pour Facebook qui a l’habitude de racheter des entreprises pour moins de 100 millions de dollars, et connaissant le risque qu’Instagram ne faisait pas de revenus.

Instagram est un réseau social qui permet aux utilisateurs de partager des photos à travers leurs profils. Des filtres compris dans l’application donnent la possibilité d’éditer les photos. Ces filtres sont ce qui différencie Instagram des autres applications de partage. En 2013, Facebook fait la promotion d’Instagram afin de pousser des marques à se faire de la publicité sur la plateforme aux nombreux abonnés. C’est un succès ; en novembre 2014, Instagram compte 300 millions d’abonnés et devient le deuxième réseau social dans le monde après Facebook.

Zoom

Après quelques mises à jour et filtres ajoutés, Instagram a développé des applications internes et externes. Par exemple, Boomerang, qui permet de créer des mini vidéos en boucle, est une de leurs plus populaires applications externes. En 2016, Instagram atteint 600 millions d’utilisateurs.

Durant cette année, nous avons vu la naissance d’une nouvelle application interne ; le commerce en ligne. Avant cette fonctionnalité, il n’était seulement possible de « taguer » une marque sur une photo. Avec l’expérience shopping, nous voyons le nom du produit et son prix en cliquant simplement sur la photo. Un lien nous envoie sur une page spécifique avec les détails de l’article. Vous pouvez donc faire du shopping… sans quitter Instagram. Voulant aller toujours plus loin, ils créent par ailleurs les Instagram Stories, où nous pouvons ajouter des photos et vidéos qui s’effacent au bout de 24 heures, les vidéos en direct, mais aussi IGTV qui propose des contenus plus longs qui s’archivent.


Résolution

Création en 2010, vente en 2012, démission en 2018. Kevin Systrom et Mike Krieger ont annoncé leur démission de l’entreprise à laquelle appartient Instagram depuis 6 ans, Facebook. Les deux fondateurs ont exprimé leur excitation quant au futur de Facebook et Instagram dans les années à venir. Cependant, la raison derrière leur départ semble moins amicale. Des tensions avec le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, semblent être apparues la dernière année précédant leur départ. Des problèmes concernant l’implication grandissante de Zuckerberg à propos des opérations d’Instagram. Zuckerberg aurait voulu incorporer encore plus Instagram dans les projets futurs de Facebook. Facebook a aussi arrêté de notifier si une photo venait d’Instagram, une décision à laquelle Systrom a exprimé son opposition. Le remplacement du vice-président développement produits d’Instagram par l’ancien designer produit aurait causé des désaccords et menacé l’autonomie d’Instagram.

 

Malgré les évènements récents, le futur d’Instagram s’avère être lumineux. L’application garde ses spécificités originales qui ont fait son succès, tout en ajoutant des nouvelles fonctionnalités intéressantes qui attirent de plus en plus d’utilisateurs.

 

 

Kevin Systrom : Un parcours pas très cliché (1/2)

Kevin Systrom est né le 30 décembre 1983 à Holliston dans le Massachussetts. Grace à un parcours atypique, il a réussi à devenir un des grands manitous des réseaux sociaux. Faisons un zoom sur le parcours du fondateur du célèbre Instagram.

Mise au Point

Kevin Systrom s’était décidé à étudier l’informatique à l’université de Stanford, mais les classes étant trop théoriques à son goût, il s’est alors tourné vers les sciences du management et ingénierie. Il s’est très tôt intéressé à la photographie et a créé un site pour partager des photos avec ses amis pendant son temps libre. Ce site avait pour vocation de partager des photos et le lieu des utilisateurs.

Durant sa première année, il passe un semestre à Florence pour étudier la photographie. Un de ses professeurs lui montre une caméra bon marché appelé Holga, un appareil qui a vu sa popularité émerger en Chine pour ses photos au style vintage. Kevin Systrom est fasciné par leurs rendus. Cette découverte est le design qui allait représenter Instagram.

Juste avant sa dernière année d’université, il effectue un stage à Odeo, une startup créée par Evan Williams, co-fondateur de Twitter. Il a beaucoup appris de lui, ainsi que de Jack Dorsey, un autre co-fondateur de Twitter. Ces années d’apprentissage et de rencontres façonneront ses compétences, qui feront de lui un milliardaire des années plus tard.

Déclencheur

Kevin Systrom a reçu des opportunités de plusieurs compagnies comme Microsoft, mais il a finalement accepté un travail de marketing chez Google. Après trois ans dans l’entreprise, Systrom l’a quitté pour une startup appelée Nextstop. Ayant toujours voulu être un entrepreneur, il avait besoin de changer d’air, d’avoir plus de liberté pour se concentrer sur ce qui lui plaisait ; faire du codage et créer des applications. C’est alors qu’il commence à travailler sur sa propre application, premièrement appelée Burbn. Ce prototype permet de partager des photos et sa localisation.

En janvier 2010, alors que Burbn est à peine développé, Kevin Systrom rencontre Steve Anderson qui investit 250 000 dollars dans le programme. Marc Andreessen et Ben Horowitz investissent aussi 250 000 dollars. Par la suite, Systrom quitte son job à Nextstop, qui a été racheté par Facebook en juillet.

Deux mois plus tard, Systrom, ayant envie d’un co-fondateur, fait appel à Mike Krieger, un ami et ancien diplômé de Stanford. Ensemble, ils éliminent la plupart des fonctionnalités de Burbn afin que l’application soit focalisée sur le partage de photos. C’est en octobre 2010 que Systrom change le nom en Instagram, une combinaison de « instant » et « telegram ». Le jour du lancement, 25000 personnes téléchargent l’application, faisant effondrer les serveurs. En 9 mois, Instagram atteint 7 millions d’utilisateurs comprenant des célébrités influentes telles que Justin Bieber et Ryan Seacrest.

La montée fulgurante d’Instagram n’est pas passé inaperçue, notamment par ses concurrents.  En effet, en avril 2012, moins de deux ans depuis le lancement d’Instagram, Facebook annonce son rachat de la startup. Cette nouvelle a beaucoup fait parler, faisant découvrir Instagram à de nouveaux « followers ».

En 2012 donc, après le rachat par Facebook, Kevin Systrom est ravi. Son associé est lui gardent leurs fonctions dans l’entreprise, et leur lien avec Marc Zuckerberg semble prometteur. Mais leurs relations vont tourner au vinaigre, impactant la politique d’Instagram… Rendez-vous la semaine prochaine pour la suite de ce portrait.

 

 

Carlos Ghosn : Mr. Fix It

Carlos Ghosn est né le 9 mars 1954 à Porto-Velho au Brésil. D’origine libanaise, il a habité et étudié dans plusieurs pays durant son enfance. Pour cause, Carlos Ghosn est polyglotte. L’ancien président directeur général de Renault et Nissan a été arrêté à Tokyo en novembre 2018 pour malversations financières. Retour sur la vie de cet homme, récemment révoqué de ses fonctions.

Naissance d’un génie

Les premières années de Carlos Ghosn débutent au Brésil. À 6 ans, il déménage dans son pays d’origine ; le Liban. Il y passera la plus grande partie de son enfance. Il étudie dans le collège Notre-Dame de Jamhour, une école française, et poursuit ses études à Paris. Diplôme d’ingénieur en main, à l’âge de 24 ans, il est employé à Michelin, fabricant de pneumatiques français. Il y restera dix-huit ans. C’est le début de sa carrière.

En 1985, Carlos Ghosn est nommé responsable des opérations Michelin en Amérique du Sud. Il travaille depuis Rio de Janeiro, faisant ses rapports directement à François Michelin. L’entreprise était en difficulté. Mais, sous sa direction, la compagnie fit du profit en moins de deux ans. La connaissance de plusieurs langues par Carlos Ghosn est un atout majeur. En effet, grâce à sa compréhension du français et portugais, ainsi que sa connaissance culturelle des deux pays, il a su instaurer un environnement accommodant pour les travailleurs de toutes nationalités confondues.

L’homme qui retourne la situation

Ce succès le propulse à la tête de Michelin en Amérique du Nord. Les talents de Carlos Ghosn ont attiré l’attention au-delà de l’industrie du pneumatique. Lorsque le constructeur automobile Renault lui propose un poste de vice-président, il saisit l’opportunité. Aussi en difficulté, une fois passée entre les mains de Carlos Ghosn, Renault se remet sur pied.

Les prouesses de Ghosn en Europe, Amérique du Sud et Amérique du Nord le transportent vers un autre continent, et le plus grand challenge de sa carrière. Lorsque Renault et Nissan forment une alliance en 1999, Ghosn devient directeur de l’exploitation de Nissan. Néanmoins, il fait face à une situation difficile en tant que premier étranger à guider une grande compagnie japonaise. Il se lance un challenge ; sauver la compagnie de sa dette et de ses pertes de revenus. Afin d’assurer son engagement, il atteste sa démission et celle de son équipe s’il n’atteint pas ses objectifs en moins de trois ans. Finalement, il accompli sa mission en moins d’un an. Autrefois considéré avec hostilité par la presse japonaise, Ghosn a retourné la situation en devenant un héros du peuple. Un manga (bande dessinée japonais) a même été écrit à son effigie.

 Le cost killer

Si Ghosn est arrivé à sauver Nissan de la faillite aussi rapidement, c’est au prix d’une politique de réduction drastique des coûts. Une façon de faire qui lui a valu le surnom sans équivoque de « Cost Killer »… et une montée en responsabilités, puisque Renault le nomme PDG en 2005. Numéro un de la marque au losange, Ghosn ne s’arrête pas là : en 2016, il devient président du conseil d’administration de Mitsubishi, et de celui de Nissan l’année suivante. Ajoutez à cela le titre de PDG de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, et voici Monsieur Ghosn bien lôti. Un homme de poigne, qui avait -toutes- les rênes du groupe, le menant à la première place mondiale devant des consortiums très puissants comme VAG (Volkswagen et compagnie), Toyota et General Motors.

Carlos Ghosn a suivi un chemin exemplaire, linéaire, bravant tous les obstacles qui se trouvaient devant lui. Cependant, Mister Fix It est actuellement en liberté surveillée au Japon, après avoir été accusé de malversations financières. Son procès, très attendu et qui sera très médiatisé, s’ouvrira en septembre au pays du Soleil Levant.

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