Jan Koum, le fondateur de WhatsApp quitte le navire

Nous apprenions ce 30 avril 2018 que Jan Koum, cofondateur de WhatsApp, claquait la porte de son entreprise après 10 ans à son bord et cela 8 mois après Brian Acton, l’autre cofondateur de la messagerie. Un revers de plus pour Facebook qui possède WhatsApp et qui est déjà empêtrée dans de multiples scandales. Retour sur la success story de WhatsApp et de son créateur Jan Koum.

Parti de rien

Jan Koum est né en Ukraine communiste dans les années 1970. À 16 ans, les troubles politiques obligent sa famille et lui à quitter le pays pour les Etats-Unis. Sans parler un mot d’anglais, il enchaîne les petits boulots, et survit des aides sociales octroyées à sa mère alors atteinte d’un cancer. Un quotidien difficile dont il s’échappe grâce à l’informatique. Ce surdoué des écrans, rejoint un groupe de hackers et intègre plus tard l’université de San José, en Californie. Avant même la fin de ses études, il est recruté en 1998 par Brian Acton (son futur associé) comme ingénieur sécurité chez Yahoo.

Voyant la chute de Yahoo face à Google arriver, Jan Koum et Brian Acton quitte la société en 2008. Tous deux postulent chez Twitter et Facebook, mais sans succès.

Une app sans business model

WhatsApp est un OVNI de la tech. L’idée de l’application a germé dans l’esprit de Jan Koum alors que les communications téléphoniques étaient surveillées par le régime soviétique, ce qui rendait les échanges difficiles avec sa famille restée en Ukraine. D’où la nécessité pour lui de créer une application dont les communications ne seraient pas enregistrées, à la différence des autres apps comme MSN Messenger, Viber ou encore Facebook Messenger.

Pour s’inscrire, WhatsApp ne demande rien d’autre qu’un numéro de téléphone, ne stocke pas les messages envoyés entre utilisateurs et ne demande pas la création de profils pouvant être revendus à des entreprises publicitaires. La principale utilisation de WhatsApp est l’envoi de messages gratuits depuis ou vers l’étranger grâce à un téléphone mobile, et connecté gratuitement à Internet. L’envoi de l’équivalent d’un SMS est gratuit et illimité.

L’application n’a jamais établi de vrai business model : refusant la publicité sur l’application. L’utilisation devait être payante, mais cela n’a jamais été le cas.

L’entreprise fondée par Jan Koum et Brian Acton ne comptera jamais plus de 50 employés et un seul bureau à Mountain View. L’entreprise ne fera aucune communication, aucune publicité pour son service. Tout se fera grâce à l’appréciation des utilisateurs, la simplicité du système et sa viralité.

Le grand rachat

Le 19 février 2014, Facebook annonce le rachat de WhatsApp pour 19 milliards de dollars, après une première offre de Google refusée, s’élevant à 10 milliards de dollars. Un comble lorsque l’on sait que quelques années auparavant, les deux fondateurs n’avaient même pas réussi à obtenir un poste dans l’entreprise de Mark Zuckerberg.

Aujourd’hui, la messagerie compte plus d’un milliard d’utilisateurs dans le monde avec chaque jour plus de 55 milliards de messages envoyés et 4,5 milliards de photos.
Le départ de Jan Koum sonne donc comme un séisme dans l’entreprise. En interne, il se murmure que Facebook et WhatsApp n’ont jamais été compatibles. D’un côté, Facebook, réseau social bâti sur la publicité, avec un respect de la vie privée de ses membres assez flou. De l’autre, WhatsApp refusant d’afficher des publicités et de vendre des données personnelles.

Cependant, en 2016, la messagerie a commencé à fournir des informations, comme les numéros de téléphone et les smartphones utilisés pour que sa maison mère puisse utiliser ces informations à des fins publicitaires. Ce revirement sera sanctionné par une amende de 110 millions d’euros en Europe.

Aujourd’hui, la rupture est consommée entre Facebook et Jan Koum, pour qui la protection des données personnelles a permis la création de l’une des applications les plus populaires de monde.

 

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