Les industriels révolutionnaires : Frederick Taylor (1/3)

« Les plus grandes améliorations dans la puissance productrice du travail et la plus grande partie de l’habileté, de l’adresse, de l’intelligence avec laquelle il est dirigé ou appliqué, sont dues, à ce qu’il semble, à la division du travail. » disait Adam Smith. Sont-ce certainement ce genre de réflexions, qui conjuguées au génie de l’homme, produisent des principes novateurs pour les industries. Ainsi, Frederick Winslow Taylor, pionnier industriel né au XIXe siècle, par l’élaboration d’une théorie sur l’Organisation Scientifique du Travail vient à accroître de manière significative le niveau de production des entreprises. Suivons donc, le brillant parcours de l’un des précurseurs de la consultance et de l’organisation du travail.

Un ouvrier face aux défis

Orienté vers la mécanique, Frederick Taylor fait un apprentissage d’ouvrier modeleur à Philadelphie de 1874 à 1878. Embauché dans une aciérie, la Midvale, en 1878. Il va alors gravir les échelons : de simple manœuvre, en passant par chef d’atelier, il deviendra ingénieur en chef. Dès lors, le combat pour la productivité démarrera. En 1881, il entreprend une analyse de déroulement des tâches sur la Time and Motion study, en s’appuyant sur son expérience d’ouvrier. Son objectif était de mettre en place un système dans lequel on produira davantage avec le moins de main d’œuvre possible. En 1883, en cours du soir, Frederick Taylor obtient un diplôme du Stevens Institute of Technology situé dans le New Jersey. Il a alors étudié pendant plusieurs années le fonctionnement de la société, afin de déterminer la meilleure façon d’optimiser le travail. En 1890, il part travailler pour une entreprise de pâte à papier pendant 3 ans. La gestion de cette entreprise lui prendra beaucoup de temps, et les dirigeants ne s’alignaient pas sur les décisions prises. Il décide alors de se mettre à son compte en 1893.

Le pionnier incontestable

Il fonde son propre cabinet de conseil à Boston, où il sera consulté régulièrement. Ses nombreux brevets lui permettront de faire fortune et de participer à l’exposition universelle de Paris en 1900, en présentant une machine d’usinage révolutionnaire. Il mène une brillante carrière d’ingénieur indépendant en écrivant des articles. En 1893 par exemple, il publie un mémoire technique sur les courroies, puis deux ans plus tard un autre sur les salaires à la pièce. A partir de 1901, il se consacre à la propagation de ses idées aux Etats unis, où il bénéficie d’un coup d’accélérateur. Ces idées sont diffusées, la France est le premier pays à traduire ses écrits en 1907. Ces ouvrages techniques sont publiés jusqu’en 1912. Les conflits sociaux de l’arsenal Watertown dans la même année l’obligent à exposer ses méthodes devant une commission d’enquête gouvernementale. Il donnera alors des copies privées de ce mémoire dénommé « The Principe of Scientific Management ». L’ouvrage est donc publié et traduit « La Direction des Ateliers » officiellement en 1912. De nombreuses personnes comme Ford, Michelin ou encore Renault se sont inspirées de ces œuvres sur le travail à la chaîne.

Ingénieur de formation, Frederick Taylor a occupé successivement plusieurs postes de la hiérarchie d’une usine. Il a su mettre en place plusieurs nouvelles approches du management pour l’optimisation du travail grâce à son expérience d’ouvrier. Malgré les difficultés rencontrées, ses ouvrages ont été une source d’inspiration de plusieurs ingénieurs. De son vivant, ce sont seulement 200 entreprises qui ont adopté son principe d’organisation. C’est seulement à partir de 1920 que ses ouvrages connaitront un essor considérable. Il est mort en 1915, donc sans avoir vu ses méthodes devenir une référence mondiale. Taylor posa les bases de la productivité en milieu industriel, ce qui amènera d’autres entrepreneurs à lui emboiter le pas, et à améliorer son modèle.

 

 

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